Un médecin face à la mort

Publié le : 2021-10-12 15:30:39
Catégories : Recensions

Un médecin face à la mort

Vincent Rébeillé-Borgella, Un médecin face à la peur de la mort, soigner, guérir, sauver, Clé,
2021, 185 p.


Avec ce livre l'auteur qui est médecin à Lyon, nous dresse un panorama de l'évolution
de la prise en charge de la mort dans l'histoire de la médecine et de son rapport à la religion et
à la science. L'auteur propose "de voir comment l'humanité est passée de la volonté de soigner à celle de guérir puis à celle de vouloir sauver l'homme de la mort." (p. 16). Cette évolution a conduit nos sociétés modernes au déni de la mort, celle-ci ayant quasiment disparue du champ de la conscience.

 
Une première partie décrit l'histoire de la médecine et de sa compréhension de la mort pour arriver au XX ème siècle où la mort n'est plus visible : " Elle est cachée, soustraite au regard. La société ne fait plus de pause à la mort d'un de ses membres. La disparition d'un individu n'affecte pas le déroulement de la vie. Tout se passe comme si personne ne mourait plus." (p. 53-54). La mort est devenue un sujet tabou.

 
Dans la deuxième partie du livre, l'auteur expose les 3 directions empruntées pour
guérir de ce "mal mourir" : soit on repoussera son échéance en misant sur les progrès de la
médecine, c'est "la mort de la mort" que nous propose le transhumanisme, soit on cherchera à
dompter la mort en décidant de ses conditions et de son temps, c'est le droit de mourir dans la
dignité ou le suicide assisté. Troisième option : accompagner la mort afin de la rendre moins
pénible par les soins palliatifs.

 

 

 
Dans la dernière partie l'auteur expose l'espérance chrétienne : "la vie malgré la mort".
Dans cette partie nous comprenons que la dimension spirituelle est toujours présente chez les
personnes qui vivent leur derniers instants de vie.

 
Conclusion : Une des thèses du livre est que l'augmentation des demandes d'euthanasie
serait la conséquence de la "faible prise en compte de la dimension spirituelle" par le personnel soignant (ce qui tout de même est en train nettement d'évoluer). Cette demande d'euthanasie serait en réalité une demande de "reconnaissance d'une souffrance, de restauration de la vie pour être [selon l'expression de P. Ricoeur] 'vivant jusqu'à la mort'. " (p. 114).

 
A noter 3 annexes très utiles :

 

Le serment d'Hippocrate revue par le Conseil National de l'Ordre des Médecins où il est clairement stipulé la recherche d'un équilibre entre acharnement thérapeutique et euthanasie : " Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément" ;

 

une brève explication du transhumanisme

 

et enfin un exemplaire type de rédaction des directives anticipées et un autre exemplaire rédigé par l'auteur comportant des précisions liées à la foi chrétienne. L'auteur recommande d'ailleurs de rédiger ses propres directives anticipées.

Thierry Rouquet

 

Vidéo de présentation : 

 

 

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