Chrétien et moderne

Chrétien et moderne

18,96 €


  • Éditeur : Gallimard
  • Poids : 300 g
  • Nombre de pages : 240 pages
  • Dimensions : 140 x 205 mm
  • Année : 2016
  • Délai livraison : sous 4 à 8 jours
  • ISBN : 9782070179916

Tous les ouvrages de cet auteur

Tous les ouvrages de l'éditeur

Vous pourriez aimer aussi

Articles du blog en relation

Pas d'article relatif à ce produit sur notre blog



Chrétien et moderne


«Confrontés à la modernité, les chrétiens sont déstabilisés. Que valent leurs dogmes à la lumière de la raison? Et l’avènement d’une humanité réconciliée avec elle-même, au-delà des frontières des cultures et des religions, n’exige-t-il pas qu’ils se rallient à un monde postreligieux, fusionnant tout message singulier dans une spiritualité universelle?
Mais, à son tour, le rêve moderne est en crise, entre les effets destructeurs de la mondialisation libérale, la hantise du terrorisme islamiste, la perte de confiance dans les responsables politiques et la montée des populismes. Le projet d’émancipation porté par les Lumières, dont on attendait tant, a dégénéré en fantasme de toute-puissance. On a oublié que la manière dont chacun habite la condition humaine marque de son empreinte la vie de la cité. Le projet démocratique n’en a pas fini avec la spécificité chrétienne, et non plus le désir, tant bafoué de nos jours, de respecter la dignité des pauvres.
Une identité chrétienne est à reconstruire, aussi attentive aux apports de la modernité, dans sa quête de vérité, que sans illusions sur ses ombres. Et une identité de moderne qui accepte la finitude reste à construire elle aussi.»
Philippe d’Iribarne.


Extrait de l'introduction :


"Que peut vouloir dire être chrétien dans un monde qui se dit moderne ? Que se dire à soi-même et comment parler à ceux qui doutent ? Jusqu'où passer du sentiment diffus de l'actualité de l'Evangile, de la conviction que la personne du Christ constitue une lumière pour l'humanité, à une démarche de foi ? Et, souvent, pour ceux qui ne fréquentent plus gère les églises, à quoi malgré tout rester attaché en ayant bien du mal à le nommer ?

Aux extrémités d'un large spectre, "progressistes" et "traditionalistes" s'affrontent.

Pour les progressistes, la modernité représente un horizon indépassable de l'histoire auquel, nolens volens, le monde chrétien doit s'adapter sous peine de mourir. Passionnés par l'homme Jésus, ils se conçoivent comme les héritiers de son message de justice et de tolérance, appelés à accompagner tous les hommes de bonne volonté dans les luttes sociales et politiques consacrées à défendre les exclus, les sans-papiers, ceux qui sont privés de droits. (...)

Les traditionaistes ont aussi des idées claires sur la modernité. Ils la voient comme porteuse d'une révolte impie contre la souveraineté de Dieu et le ministère de ses pasteurs. Le sang des martyrs crie contre elle. La dissolution des vraies valeurs dans un relativisme radical, l'ébralement des familles, le développement d'une "culture de mort", du droit à l'avortement à celui au suicide assisté, attestent à leurs yeux de la profondeur de la crise morale où elle a plongé le monde occidental. Les sources d'espoir résident dès lors dans la conquête de l'Amérique et de l'Afrique par les Eglises évangéliques, le renouveau de l'orthodoxie célébrant la sainte Russie, le triomphe des Journées mondiales de la jeunesse. Les tenants de cette vision se conçoivent comme les fers de lance d'une nouvelle évangélisation destinée à conduire à une forme de restauration chrétienne.

Entre ces extrêmes, beaucoup ne savent trop à quel saint se vouer. MOdernes, ils jettent un regard critique sur un monde chrétien qui leur paraît trop attaché à des combats d'arrière-garde. Chrétiens, ils sont gênés par une manière moderne de vivre à la surface de soi.

Cette difficulté chrétienne à  échapper à l'alternative entre une horreur de la modernité et le désir d'en être un bon élève n'est pas propre au monde contemporain. Le traditionalisme hérite de tout un passé, marqué par de multiples épisodes, tel la dénonciation de la Révolution française comme oeuvre de Satan, le concile Vatican I et le Syllabus. A l'opposé on trouve une longue histoire, entre le jansénisme, les députés de clergé rejoignant le tiers état, le protestantisme libéral et les penseurs modernistes du dernier quart du XIXe siècle." ...

Donnez votre avis

Chrétien et moderne

Chrétien et moderne

Chrétien et moderne

Donnez votre avis