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Protestants catholiques ce qui nous sépare encore , un livre d'actualité.

Publié le : 2017-09-07 08:49:54
Catégories : Luther - 500 ans de la Réforme

Protestants catholiques ce qui nous sépare encore , un livre d'actualité.

François Clavairoly – Michel Kubler

Protestants, catholiques

Ce qui nous sépare encore

Bayard – 274 pages – 16,90 €

 

Voici un livre intéressant et iconoclaste. En effet, à une époque où le seul mot d’ordre entre catholiques et protestants semble être «unité» ou «œcuménisme», un pasteur et un prêtre, par ailleurs amis et membres du Groupe des Dombes, exposent publiquement et sincèrement ce qui nous sépare. Il est vrai qu’ils ajoutent «encore», mot qui modère un peu leur audace.

François Clavairoly (FC) est le président, bien connu, de la Fédération protestante de France et Michel Kubler (MK), ancien rédacteur en chef de La Croix, dirige un centre œcuménique (essentiellement avec des orthodoxes) à Bucarest. Leur dialogue est présenté et animé par Loup Besmond de Senneville, journaliste à La Croix, qui constate dans l’avant-propos qu’à l’euphorie des années 1970 a succédé un «hiver œcuménique» à partir de la fin des années 1990


L’ouvrage comprend quatre parties :

-         Croyances : affirmations et questionnements

-         L’histoire

-         L’Eglise

-         Les rapports avec la société

Tous les sujets sont abordés, même les plus brûlants, avec courtoisie mais aussi franchise, clairvoyance et détermination. Il y en a une quinzaine dont nous ne retiendrons que les plus significatifs, sans pour autant pouvoir les développer dans le cadre de cette analyse.

 

A la base, le message biblique n’est pas reçu de la même manière. Pour les catholiques le magistère est l’unique détenteur de la parole de Dieu ce qui en évite une lecture subjective, alors que pour les protestants il ne peut pas y avoir de magistère mais une lecture communautaire  qui encadre la lecture subjective sans la condamner.

Encore à propos des «croyances», FC expose très clairement ce qu’est la prédestination, concept que manifestement les catholiques connaissent mal,  même s’il fut théorisé déjà par Saint Augustin.

La conception de l’Eglise est, sans surprise, opposée : «sacrement du salut» selon la définition du concile de Vatican II,alors que pour les protestants,elle est un instrument passif dans l’ordre du salut. A ce sujet, FC rappelle la distinction opérée par Luther entre l’Eglise visible (l’organisation) et l’Eglise invisible (la communauté), alors que MK défend l’importance de la succession apostolique de l’Eglise catholique, qui pour FC est une succession «imaginée».

Le désaccord reste également total sur la place du pape, chef religieux et politique pour les catholiques, successeur de l’apôtre Pierre, promu à la tête de l’Eglise par Jésus, alors que pour les protestants, la justification scripturaire d’une telle position est contestable.

FC et MK  ne s’attardent pas sur la différence originelle entre présence spirituelle ou matérielle du corps du Christ dans l’eucharistie, mais débattent de «l’hospitalité eucharistique», naturelle pour les protestants, et impossible selon les catholiques.

La place de Marie dans la foi est exposée très différemment, même si FC lui reconnaît curieusement la place de première disciple de Jésus dans l’Evangile de Jean. Il condamne l’hyperbole mariale tandis que MK défend les dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption.

 

Ce débat fait ressortir également plusieurs points d’accord même si, selon le titre, ils sont hors sujet. Parmi ces derniers, nous avons relevé que Luther fait désormais partie du patrimoine commun de toute l’Eglise. Et MK cite Benoît XVI pour qui Luther est proche, à la fois en tant que pape e ten tant qu’homme. Il en est de même dans le chapitre consacré au Dialogue avec les autres religions,où les deux protagonistes expriment, pour l’essentiel, des idées très proches.

En conclusion, FC et MK considèrent l’un et l’autre que, sans renier «ce qui nous sépare encore», on peut parler de pluralité plutôt que de séparation, mais qu’il faut quand même travailler encore à la visibilité de l’unité.

 

Au final, la lecture de ce livre réaliste ne cache aucunement le travail qu’il reste encore à accomplir, mais se veut plutôt optimiste en constatant le chemin sur lequel on avance. Sa diffusion ne peut qu’être bénéfique au rapprochement œcuménique qui permet de reconnaître l’autre dans sa différence sans lui demander de devenir semblable.

 

Nous ne regrettons qu’une chose, la surprenante absence de table des matières.

 

Bernard Steinlin

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