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La construction d'une théologie féministe

Publié le : 2019-11-14 16:51:01
Catégories : Recensions

La construction d'une théologie féministe

En 2017, Marie-Françoise Hanquez-Maincent  publiait un très beau livre intitulé « Les femmes dans le ministère de Jésus, De l’ombre à la lumière ». Après l’avoir lu, j’écrivais à son sujet que  « deux chapitres explicitant la nature et la validité d'une lecture féministe (…) se révèleront certainement un peu "arides" pour ceux qui n'ont pas l'habitude des raisonnements et du vocabulaire théologiques ». Et je trouvais cela dommage, tout en affirmant que cela n’était pas un frein à la lecture de ce livre fouillé et encourageant pour nous les femmes ! 



Avec ce petit opuscule d’à peine plus d’une centaine de pages, notre auteure rectifie le tir et va même plus loin. Elle projette son regard à la fois vers le passé en explicitant la naissance et la construction, puis l’évolution de la pensée théologique féministe et enfin, elle questionne l’a-venir de ces courants en tentant de regarder vers un au-delà du ou des projets féministes actuels. 


La théologie féministe

Marie-Françoise Hanquez-Maincent

Médiaspaul

2019

119 pages

14 €



A la fois riche et dense mais simple à lire, ce petit livre remplit donc pleinement l’objectif qu’il s’était donné : « présenter ce courant théologique dans ‘tous ses états’, de ses origines jusqu’aux évolutions actuelles en passant par son mode de fonctionnement ». 


L’auteure présente tout d’abord les origines de la théologie féministe à partir des contextes européens et américains, ainsi que de la conscience féminine qui s’éveillait de façon générale à la fin du XIXème siècle. 

Elle tente ensuite de définir la théologie féministe de manière plurielle : à partir de son origine, de ce qu’elle n’est pas, à partir de ce qu’elle combat, ou finalement à partir de son contenu. L’épisode de Marthe et Marie est ici brillamment utilisé pour illustrer les différences d’interprétation entre la théologie classique et la théologie féministe, l’apport particulier de la théologie féministe en est largement rehaussé.

L’auteure continue en analysant justement cet apport particulier de la théologie féministe, qui en s’enracinant davantage dans l’expérience vécue des femmes que dans les normes et règles proposées par la théologie traditionnelle, aboutit à la constitution d’un nouveau rapport à la connaissance, d’une nouvelle épistémologie. Elle met en avant les singularités de la théologie féministe et met en lumière des caractéristiques éminemment modernes, comme par exemple, la prééminence de l’expérience sur le dogme théorique ou l’approche holistique.
 

Elle décortique ensuite le fonctionnement de la théologie féministe en  pointant trois pôles : « la critique du passé qui ensuite donnera lieu à la redécouverte de l’histoire oubliée des femmes pour envisager des possibilités d’avenir » et met en pratique  ses propos dans un court chapitre où les personnes de la femme cananéenne, Marthe puis Marie sa sœur, et enfin de la Samaritaine sont réévaluées à partir d’un regard féministe.


On en aurait aimé davantage, mais cela suffit amplement pour goûter la saveur de ce regard. Et si cela ne suffisait pas au lecteur, je ne peux que l’inviter à lire le livre que notre auteure a écrit en 2017 et que j’ai susmentionné, il en trouvera bien plus pour se régaler…




Retrouvez la suite de cette chronique dans le blog partenaire Servir Ensemble dont Joëlle est la fondatrice. 

Joëlle Sutter-Razanajohary,

auteure du livre

Qui nous roulera la pierre

Editions Empreinte temps présent

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