Newsletter

Vous souhaitez recevoir régulièrement des nouvelles de nos actions, nos projets, etc ?

Fenêtre sur l’art : Van Gogh, Rembrandt ... peindre la résurrection

Publié le : 2017-06-20 10:55:02
Catégories : Fenêtre sur l'art ...

Fenêtre sur l’art : Van Gogh, Rembrandt ... peindre la résurrection

Fenêtre sur l’art de Van Gogh, Rembrandt ... et leur manière de peindre la résurrection.

« Quand l’art dit la résurrection »

Jérôme Cottin,

Editions Labor et Fides 2017

198 pages- 22 €






Actuellement, le musée d’Orsay (proche voisin de la librairie 7ici) accueille une exposition  majeure traitant de la quête mystique des peintres occidentaux (de la fin du 19eme siècle et du début du 20eme siècle)  à travers des peintures de paysage. Elle se clôture le 25 juin prochain.

L’exposition regroupe une cinquantaine d’œuvres impressionnistes, nabis qui explorent les thématiques de la transcendance, des paysages dévastés par la guerre… Ce sont les tableaux de Maurice Denis (La solitude du Christ au jardin des Oliviers) comme ceux de Vincent Van Gogh (Nuit étoilée, Les Oliviers, Le semeur) qui m’ont vraiment marquée : la foi de ces deux peintres se lit dans leur peinture.

“ Impossible de voir un Rembrandt sans croire en Dieu ” écrivait Vincent  Van Gogh à son frère Théo dans leurs correspondances datées de 1880. Van Gogh est le spécialiste du genre : sa touche picturale est intense, il sait représenter les tourments ou la quiétude de l’âme à travers un paysage. Son parcours personnel est jalonné de moments de rapprochement ou d’éloignement avec Dieu : il a été à un moment donné de sa vie, aspirant pasteur.




Le semeur - Van Gogh





Ce n’est donc pas un hasard si l’une de ses œuvres,
Le semeur, a été choisie pour l’affiche de l’exposition tout comme l’un des sujets d’étude d’un essai de grande qualité Quand l’art dit la résurrection  de Jérôme Cottin, paru aux éditions Labor et Fides.

Ce professeur de théologie pratique à la faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg, nous emmène dans une galerie de  six tableaux et deux mosaïques qui forment ensemble une étude thématique. Il  a choisi un corpus d’œuvres très représentatif des différentes traditions d’Eglise : le catholicisme de Grünewald, l’approche artistique de peintres luthériens (Cranach, Dix) ou calvinistes (Rembrandt, Van Gogh, Burnand) et hors de tout lien avec le christianisme (Colombel)…

Tous à leur manière, à leur époque, ont représenté la résurrection, la Bonne nouvelle, source d’espérance pour l’homme pécheur, sauvé par le sacrifice de Jésus à la croix. Jérôme Cottin livre cette analyse : “croire à la résurrection c’est croire au paradoxe de la croix : quand la vie naît au milieu de la mort, quand le crucifié devient le ressuscité


Quand l'art dit la résurrection

L’auteur adopte un plan en trois parties : une introduction d’une dizaine de pages pour expliquer sa méthode d’étude, justifier le choix de son corpus et délimiter le thème.
     

Ensuite, commence la visite guidée. Chacun des six tableaux ainsi que les deux mosaïques est analysé selon une démarche en cinq temps, sachant que l’ordre peut en être bouleversé selon les œuvres étudiées: l’impact de leur vie personnelle sur leurs œuvres, leurs influences artistiques (on sait que le travail de Rembrandt a eu une importance déterminante pour Van Gogh), les différentes lectures du tableau…

Enfin, l’auteur propose dans une troisième partie, une série d’élargissements afin de poursuivre cette réflexion mêlant art et théologie.

Son  parcours chronologique choisi avec intelligence et précision, débute  à Ravenne au VIe siècle : une mosaïque d’Eglise qui enseigne la résurrection aux premiers chrétiens et s’achève avec une mosaïque en suspension intitulée « Résurrection » réalisée par Valérie Colombel, et datant de 2011.

Cette œuvre illustre la couverture du livre : c’est une performance technique et artistique. Composée de 12000 tesselles de verre, de nacre et d’onyx, elle est supportée par 800 fils de nylon invisibles. Elle montre à la fois la lourdeur de la croix et la légèreté du corps ressuscité, la matérialité et l’immatérialité.

Elle explicite le fait que la résurrection a eu lieu à travers la croix, la vie naît au cœur de la mort, le crucifié est le ressuscité. Croix et résurrection renvoient l’une à l’autre. Jésus est le premier ressuscité, celui qui ouvre le chemin vers la vie éternelle voulue par Dieu pour nous qui serons amenés à ressusciter si on choisit de le suivre, de croire en Lui.

Ainsi l’art contemporain que l’on connaît parfois peu et qui s’avère souvent difficile d’accès, est ici très lisible. Véronique Colombel a exprimé avec simplicité et efficacité la résurrection au XXIe siècle.

En tant que professeur d’Université, Jérôme Cottin nous permet de découvrir ainsi les recherches artistiques les plus contemporaines, en dehors des musées académiques et des manuels d’histoire de l’art. Le thème chrétien de la résurrection est  toujours un  facteur de création artistique.

A la manière d’un conférencier de musée qui partage son ressenti personnel, son émotion et sa compréhension de l’œuvre,  Jérôme Cottin accomplit le pari de captiver son auditoire avec chaque description et analyse des œuvre choisies. Ce n’est pas un ouvrage d’abord facile, sa lecture demande un effort de réflexion, mais l'enthousiasme de l’auteur à partager sa passion séduira les amateurs d’art, qu’ils soient chrétiens ou non.

Simplement, j’émettrai une réserve au sujet de ce livre, je regrette le parti-pris éditorial d’avoir regroupé les reproductions des tableaux au centre de l’ouvrage. En effet, cela nécessite de la part du lecteur de tourner les pages pour regarder l’œuvre en question. Il aurait été, me semble-t-il, également intéressant d’inclure dans le commentaire de l’œuvre un détail du tableau pour aider à sa compréhension.

Cependant cet essai est une formidable source de documentation pour préparer une conférence  traitant de l’art religieux, concernant en l’occurrence la résurrection, ou bien servir de support pédagogique à une étude biblique en groupe par exemple.

Que conclure, sinon que nous sommes en présence d’un ouvrage remarquable, d’une grande rigueur historique, esthétique, mais aussi biblique et théologique. Il donne l’envie de découvrir ou d’approfondir ses connaissances dans le domaine de l’art religieux.

Les vacances estivales sont ainsi l’occasion d’une balade artistique à mi-chemin entre histoire de l’art et théologie !.





Margot Dimitrov avec l’aide de Daniel Masson

 

Retrouvez tous les articles de Margot Dimitrov dans la rubrique fenêtre sur l'art

Fenêtre sur l'art

Partager ce contenu

Ajouter un commentaire

 (avec http://)