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Face à la souffrance, expérimenter la présence de Dieu

Publié le : 2020-02-26 17:14:48

Face à la souffrance, expérimenter la présence de Dieu

Rémy Hebding, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire Réforme, est l’auteur de nombreux ouvrages, tous consacrés à la rencontre entre la philosophie et le christianisme dans sa version protestante. Après un essai sur Luther à l’occasion de l’anniversaire de la Réforme, son dernier livre puise à la fois dans la théologie, la spiritualité et l’histoire des idées.

 

En dépit du sous-titre de l’ouvrage, Hebding ne relate pas une histoire qui lui est personnelle. C’est une réflexion sur la souffrance corporelle, la douleur physique. Celle-ci constitue un drame personnel au sens où la souffrance est une expérience que chacun vit personnellement, où chacun est seul face à son destin.  

« Face à la souffrance, un drame personnel »

Rémy Hebding

Editions Salvator

2019

192 pages

20€

 

Le message du livre est clair. C’est un élément à charge dans le procès souvent fait au christianisme de justifier la douleur comme une punition divine. Mère Teresa affirmait par exemple que la souffrance est à la fois un don de Dieu et un don à Dieu. 

 

Cette opinion, qui est aussi celle de certaines philosophies orientales, n’est pas du tout celle de l’auteur. Celui-ci estime qu’une telle conception, qui a marqué toute la théologie chrétienne, est contraire à l’enseignement du Christ. Non que La Bible apporte une réponse claire et univoque à la question du mal. Le livre de Job témoigne de l’ambiguïté et même de la relativité de cette réponse. Mais Jésus n’a jamais conféré une vertu quelconque à la souffrance, encore moins une fonction rédemptrice. Le salut, par grâce au moyen de la foi, ne doit rien à la souffrance. Les argumentations de mortification doloriste n’ont donc pas lieu d’être dans notre religion. La douleur doit rester un scandale à combattre, sans qu’un sens rationnel ou spirituel puisse facilement lui être donné.

  

La souffrance, lorsqu’elle est irréversible, est aussi une épreuve à assumer. Et alors, on ne peut nier que la foi chrétienne aide à mieux la tolérer. Elle n’est certainement pas une voie de communication avec l’ultime, mais la communication avec Dieu aide à mieux la supporter.     

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Au-delà de la douleur physique, l’auteur évoque, beaucoup plus rapidement, la souffrance psychique et morale. Il s’intéresse alors aux demandes actuelles des sociétés sécularisées, voire déchristianisées, qui privilégient très nettement l’hédonisme par rapport au dolorisme. Il rappelle également les exigences éthiques du christianisme, qui demandent courage et pragmatisme, à travers une brève mais intéressante incursion dans « Résistance et soumission » de Bonhoeffer. Et il délivre avec profondeur quelques conseils de type humaniste à celui qui vient visiter un proche ou un ami en souffrance : ce conseil vise principalement à manifester sobrement, par sa présence, solidarité et compassion au malade. 

  

Ce livre nous concerne tous. Remarquablement écrite, cette vaste exploration des réponses au problème du mal met en exergue l’opposition qui existe parfois entre le christianisme et les dogmes de la chrétienté.  

 

Un des essais les plus percutants et les plus personnels de Rémy Hebding, dont la lecture peut éclairer mais aussi, paradoxalement, apaiser bien des tourments.

 

 

Alain Joubert

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