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Au milieu de la vie, un témoignage authentique

Publié le : 2018-01-30 17:56:29
Catégories : Recensions

Au milieu de la vie, un témoignage authentique

Au milieu de la vie – quel avenir après cinquante ans ?

Margot Kässmann

Traduit de l’original allemand : « In der Mitte des Lebens » (2011) par Silvia Ill.

Labor et Fides, Genève (Suisse),2012.

207 p.- 19,50€


De l’autre côté du Rhin, Margot Kässmann (née en 1958) est une médiatique théologienne luthérienne. Mère de quatre enfants, elle fut évêque de l’Eglise protestante de Hanovre à partir de 1999 et devint dix ans plus tard la première femme élue à la tête de l’Eglise évangélique en Allemagne (de confession luthérienne, comme son nom ne l’indique pas), qui regroupe environ 25 millions de fidèles. Femme de caractère, elle s’est également illustrée politiquement en militant publiquement pour l’interdiction du NPD, parti d’extrême droite.


Margot Kässmann est populaire. Sa popularité ne trouve toutefois pas sa source dans ce palmarès somme toute impressionnant et dont on peut imaginer les combats d’arrière-plan. De fait, son ouvrage « Au milieu de la vie – quel avenir après cinquante ans ? » nous fait toucher du doigt le secret de cette popularité bien plus sûrement que sa carrière. Nous y découvrons une femme profondément transparente et honnête vis-à-vis de ses propres faiblesses ; c’est probablement là qu’il faut chercher lorsque nous voulons comprendre ce qui lui a attiré la sympathie du public.

Margot Kässmann ne se cache pas, et cela la rend sympathique et attachante. La preuve ? « Au milieu de la vie – quel avenir après cinquante ans ? » est resté sur la liste des best-sellers au rayon « livres pratiques » pendant plus d’un an après sa sortie en Allemagne. Ce livre rejoint en effet son lecteur : chacun peut reconnaître, à un moment ou à un autre, ses propres défis et difficultés pour peu qu’il ait un peu vécu. Ici, la vie est telle que chacun peut la connaître.

Margot Kässmann aurait pourtant des raisons de vouloir estomper les rugosités de sa vie : n’est-elle pas le premier évêque à avoir divorcé alors qu’elle était en fonction ? N’a-t-elle pas du démissionner de ses prestigieuses responsabilités après avoir grillé un feu rouge en état d’ivresse ? Rien de tout cela n’est glorieux, elle le sait et ne porte pas ses choix et ses erreurs en étendard.

Pour autant elle ne s’en défausse pas non plus et les assume avec sincérité. C’est sans doute cette transparence et cette honnêteté toujours entretenues qui lui auront finalement valu la grâce du public et de l’Eglise : malgré ces sérieux accros dans un parcours autrement brillant, elle sera tout de même choisie comme Ambassadrice du Conseil de l’Église évangélique en Allemagne (EKD) pour les 500 ans de la Réforme en 2017.

« Tu ne peux pas tomber plus bas que dans les mains de Dieu », répète-t-elle à plusieurs reprises dans l’ouvrage qui nous intéresse aujourd’hui. Un leitmotiv qui aura trouvé sa naissance lors de son combat contre un cancer du sein, et qui pourrait laisser supposer un livre un tantinet pessimiste. Il n’en est rien, bien au contraire. Si Margot Kässmann, fidèle à elle-même, ne cache rien des difficultés inhérentes à l’entrée dans la cinquantaine, elle prend aussi bien soin d’en ouvrir systématiquement et très justement l’horizon.

Nous la voyons ainsi présenter le milieu de la vie comme un exercice d’équilibriste qui, s’il est bien mené, peut finalement permettre de trouver une stabilité reposante.

En dix chapitres, elle aborde la diversité des thèmes qui ont jalonné ou jalonnent encore sa propre existence : le départ des enfants à gérer en même temps que la vieillesse des parents à accompagner ; le rapport au corps qui change et les forces nouvelles que l’on peut puiser ; les limites qui s’imposent, mais aussi les bénéfices à tirer de la maturité ; les déserts à traverser, mais aussi la vie dont on prend soin comme d’un jardin bien établi qu’il convient maintenant d’arroser ; les crises qui secouent le couple, mais encore les relations de longue date qui parlent de fidélité et de stabilité ; l’apprentissage de la solitude, mais aussi la possibilité de démarrer des aventures nouvelles ; le bénéfice d’une certaine sérénité liée à l’âge et la découverte de la tranquillité intérieure ; l’apprivoisement de la maladie et la saveur nouvelles des petits et grands bonheurs ; l’acceptation de ses propres limites (comme Dieu les accepte), et l’apprentissage des adieux (qui peuvent se vivre autrement que dans la déchirure) ; la découverte de sa « patrie » - le lieu physique, psychique ou spirituel où l’on se sent bien, et l’art de vieillir courageusement.

Tous ces thèmes sont abordés sans tabou au long des 207 pages de l’ouvrage sous les regards croisés du témoin et de la théologienne. Témoin, parce qu’elle partage avec ses lecteurs de larges pans de sa vie. Théologienne, parce qu’elle pose sur eux un regard nourrit par sa foi chrétienne. Alors même si elle prévient que son livre s’adresse prioritairement aux femmes, les hommes trouveront tout également un livre agréable et facile à lire, qui amène en douceur à contempler l’entrée dans la deuxième partie de la vie comme une aventure à vivre avec curiosité et enthousiasme, le regard plein d’espérance pour tout ce que Dieu a encore à offrir.

Laurent Descos.

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