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Amélie Nothomb rend hommage au héros de sa vie : Jésus

Publié le : 2019-10-07 12:50:25

Amélie Nothomb rend hommage au héros de sa vie : Jésus

Soif  

Amélie Nothomb

Editions Albin Michel

2019

152 pages

17,90 €

Faut-il vraiment présenter Amélie Nothomb,  la romancière belge qui signe depuis ses débuts en 1992 des best-sellers aux sujets souvent excentriques ?


Dans son dernier roman, Soif paru aux Editions Albin Michel, elle fait parler Jésus à la première personne du singulier.  


Elle élargit ainsi son cercle de lecteurs aux croyants les plus curieux, quitte à en offusquer plus d’un ! Il est vrai qu’en d’autres temps, elle aurait été condamnée pour blasphème : Jésus et son père Dieu décrits comme deux êtres distincts au mépris de la Trinité, les rapports compliqués de Jésus avec Dieu, la croix qualifiée d’erreur monumentale…..


Amélie Nothomb fait certes dire à Jésus «  la plus grande réussite de mon père, c’est l’incarnation » ; mais il s’agit surtout pour elle d’exalter l’humanité de Jésus et le corps (par exemple les plaisirs du repos et de la satiété, la soif, un « pipi ultime » avant la crucifixion, les souffrances endurées, une supposée relation intime avec Marie-Madeleine)




Cependant, et si le lecteur croyant allait plus loin que son malaise premier ou son rejet horrifié ?


Et s’il imitait les sages du judaïsme qui questionnaient sans cesse les Ecritures, n’hésitant pas à aller au-delà du sens littéral du texte, à recourir à des légendes et à enjoliver le récit biblique pour en dégager le sens profond ?


Le lecteur peut donc choisir d’entrer dans les pensées de Jésus, telles que les propose Amélie Nothomb ou telles qu’à son tour il va les imaginer. 




Jésus raconte à sa façon les noces de Cana et sa rencontre avec Judas. Il évoque ses relations avec Pierre et avec Jean. Il repense au figuier maudit, à sa mère et à Joseph. Il commente de façon détaillée les évènements de ses dernières heures et ses paroles sur la croix.

Et il dit son chagrin, le sentiment d’abandon, de solitude et de peur.

Le livre est structuré autour de quatre temps forts de la vie de Jésus. 


  • Une dizaine de pages sur son procès. 

  • Une cinquantaine de pages pour décrire une dernière nuit qui n’existe pas. («Les Evangiles sont formels. Ma dernière nuit de liberté se déroule au jardin des Oliviers. Le lendemain, on me condamne et la sentence est immédiate »). C’est donc un prétexte choisi par la romancière pour laisser à Jésus le temps de revisiter sa vie et de raconter à sa manière quelques épisodes bibliques bien connus.

  • Une cinquantaine de pages sur la passion et la crucifixion.

  • Une vingtaine de pages sur sa sortie du tombeau et sa présence. 



Soif est un roman et non un ouvrage théologique. Amélie Nothomb déconstruit le message biblique et prend de grandes libertés par rapport aux récits des évangélistes.



Son style est toutefois délicat, elle n’a visiblement aucune intention de choquer. Elle connait bien les Evangiles et se dit fascinée par Jésus dont la mort incompréhensible l’indigne. Le lecteur sent qu’elle est tourmentée avec sa spiritualité. 

Elle ne manque pas d’humour. Le monologue de Jésus est parfois drôle.

Ce roman bénéficie déjà de la reconnaissance du monde littéraire : Soif est un des quinze titres en lice pour le prix Goncourt.

 

On ne peut donc pas rester indifférent à ce livre à succès,  ne serait-ce que pour en connaitre l’histoire et peut-être dire à  notre tour d’autres choses de Jésus.




Brigitte Evrard



 

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